mardi 21 février 2012

Le secret (le mien)

Il faut fermer les yeux, calmer sa respiration, s’imaginer descendre en soi-même, faire le ménage derrière des portes, dans des pièces inexplorées depuis longtemps. Il faut oser y aller, dans les coins sombres. Chez certaines personnes, les endroits sont même férocement gardés, défendus par leur propre subconscient. Il faut y aller, accompagné. Idéalement d’un guide, de quelqu’un qui connait le chemin et qui pourra nous aider à débroussailler le sentier. Mais si on a confiance dans la direction à prendre, on peut aussi trouver simplement une oreille, un coeur, des mains sur lesquels s’appuyer en cas de besoin...

Et si on ose, on trouve. On trouve une émotion, un événement, un trait de caractère oublié, une personne, un échec, une réussite, une situation récurrente, bref, un pan de notre vie, de notre personnalité. On l’a caché là, oublié là, parce qu’on en a honte, ou parce qu’il nous (a) fait souffrir. Alors, ça remonte à la surface, ça fait sortir tout un tas de larmes, presques incontrôlables. C’est un processus qui semble long, mais qui est extrêmement court en comparaison au bien-être qui suit.

Une fois vidé de ces larmes, on se sent différent, léger. Comme guéri d’un mal qu’on a oublié là depuis longtemps. Dans les secondes qui suivent, il y a une paix, un réel bonheur, un soulagement. Et on rit à rien, et on sourit tout le temps. Dans les heures qui suivent, on repense à ce que l’on a trouvé, on le tourne et retourne dans notre tête, on l’apprivoise. On lui fait une place dans notre conscient, où il sera dorénavant rangé. Dans les jours qui suivent, notre humeur, notre corps aussi, se transforme. Légèrement. Doucement. On retrouve une partie de nous, oubliée. On l’aime. On s’aime. Et soudain, on a un flash: quoi d’autre? Est-ce tout? Qu’est-ce qui est enfoui d’autre en moi? Et quand on en a la chance, on y retourne. Et tout dépendant de ce que l'on trouve, le processus se répète.

Résultat: on s’aime, on se respecte mieux. On se comprend mieux. Soi-même. Et puis ensuite, par extension toute naturelle, les autres. Et le bonheur, qui n’est pas un but, est là, sur le chemin...extérieur.

mercredi 6 avril 2011

Il faut bannir "OPÉRA"!!!

Le mot en fait... pas la forme d'art!

Parce que voyez-vous, j'en parle depuis quelques années déjà, mais le public (en général) est effrayé par le mot opéra... Ça se voit de façon régulière que ce soit dans la réaction des gens qui n'en ont jamais vu, ou qui croit ne jamais en avoir entendu (alors qu'il y en a partout! Films, publicités, Séries télé, etc...) Les stéréotypes opératiques sont nombreux et restent (pour plusieurs raisons) très forts! Manque d'explications, de connaissances, de volonté même de la part des ambassadeurs lyriques actuels qui, lorsqu'ils ont la chance d'être devant les caméras et/ou les micros, n'arrivent pas à bien faire comprendre ce qu'est la forme d'art qu'on appelle OPÉRA (oh, en majuscules c'est pas mieux!). Ce n'est pas nécessairement de leur faute, il faut avouer que beaucoup d'entrevues ont des questions très superficielles et que le chanteur d'opéra (pas trop souvent ce mot là s.v.p.) actuel au Québec (même si sa carrière est internationale), ne peut pas profiter d'entrevues de 1h30, comme le fait Stéphane Bureau avec les humoristes, ou une entrevue d'une heure comme le fait René Homier-Roy avec les comédiens... Bon il s'agit d'ARTV ici, j'en suis conscient et je ne ferai pas de mauvaise volonté, il y a bien d'autres formes d'art qui ne bénéficient pas non plus de l'aval des médias, mais mon point aujourd'hui a trait plutôt à l'idée que les gens se font de l'opéra (bruit de déglutition), et ma réflexion vise à éventuellement, convaincre les gens de s'y intéresser un peu plus et différemment.

OPÉRA (message d'intérêt public: ce paragraphe portant sur une définition, ne fera pas l'objet de sarcasmes lors de l'utilisation du mot écrit devant cette parenthèse, merci): Oeuvre dramatique mise en musique et dont les paroles sont chantées. C'est tout!! C'est ça la définiton d'opéra!! Pas "Oeuvre dramatique musicale longue et ennuyeuse dont les chanteurs ne savent pas acter et ont souvent plusieurs kilos en trop, et qui doivent s'époumoner pour arriver à être entendu par dessus un orchestre symphonique. P.S. C'est platte." Non mes amis, je vous le dis, des films, pis des séries, pis des pièces de théâtre, pis des shows d'humour, plattes et insignifiants, il y en a eu, et il y en aura d'autres!! L'opéra n'y fait pas exception! Mais à la base, un opéra c'est quoi? Pourquoi ça existe encore depuis 400 ans??? Il doit bien y en avoir un ou deux qui ont de l'allure... Opera en italien veut dire "oeuvre". C'est tout. C'est une oeuvre. Jusqu'ici est-ce que ça donne le goût de fuir, ou de bailler aux corneilles?? (ici j'assume que "non" est la réponse) Bon! Et ensuite, cette "oeuvre" n'a qu'un seul but: mettre en musique toutes interventions qui normalement seraient parlées au théâtre (et aussi parfois, les silences...). Ça vous fait penser à quelque chose peut-être? Une Comédie Musicale par exemple?? Ça fait moins peur les mots "comédie musicale", c'est plus populaire... Mais c'est la même chose! La grande différence entre les deux, c'est que la comédie musicale est plus récente et profite parfois de beaucoup moins de budget (ou de bonne volonté) pour la "qualité musicale", que ce soit dans l'écriture ou dans l'exécution de celle-ci (ex: remplacé un "band" par une trame sonore!! alors qu'à l'opéra il y a un orchestre symphonique à chaque soir...). Je continue?

L'opéra (o.k. le mal de coeur vient de me pgner là) est une forme d'art qui regroupe sur scènes (traditionnellement) des chanteurs solistes (qui chantent tout seul, ou en petit groupe), choristes (qui chantent en gros groupe), acteurs, figurants, danseurs et même parfois jongleurs, acrobates, mimes, etc.. Il y a une fosse d'orchestre dans laquelle on retrouve entre 25 et 60 musiciens (même si ça peut être beaucoup moins et beaucoup plus). Dans les coulisses, il y a des machinistes, régisseurs, assistants (à tout!), coiffeurs, maquilleurs, habilleurs, éclairagistes, directeurs, et j'en passe (le masculin est utilisé, mais c'est juste parce que j'écris en français! Y'a plein de femmes aussi inquiétez-vous pas! Sinon, je ferais pas cette job là de toute façon!). Et ce qui est fantastique, c'est que tout ce beau monde là se retrouve tout ensemble en même temps, malgré le traffic, la température, les problèmes personnels, les maladies, etc... Et font une représentation de 3 hres de musique. Comme ça, de même... Faciiiiiiile, me direz-vous...

Le pire, c'est que c'est juste une parenthèse dans mon argument. L'opéra (encore ce mot fatidique!) est, comme tout ce qui a évolué sur plusieurs centaines d'années, extrêmement varié et offre de belles possibilités aux auditeurs. Quelle générosité! Il y a 2 choses à savoir seulement pour assister à un opéra (AH! je l'ai encore écrit le mot méchant paffin!!): il est très IMPORTANT d'écouter l'oeuvre à l'AVANCE!!! Crucial! On va pas au cinéma là, on le sait déjà que la fille à meurt à fin, pis que l'autre gars c'est son père finalement. CE N'EST PAS L'INTÉRÊT PRINCIPAL D'UN OPÉRA (ce mot...ce mot...)!!!! L'écoute de l'oeuvre avant (même des extraits seulement) nous permettra de mieux nous concentrer sur l'aspect le plus fantastique de l'opéra (je vais en enfer direct c'est clair): c'est un show live!! En direct, en chair, en os, en sons, en images, même en odeurs des fois mais ça ça dépend plus de nos voisins dans la salle... La deuxième chose à savoir, c'est que l'opéra (la prochaine fois je change l'orthographe, ça va être moins pire) est divisé en plusieurs catégories, époques, styles... Il y a des époques où l'oeuvre était sérieuse et basée sur des histoires mythiques, religeuses, d'autres zoo père rat (finalement je vais le réécrire comme du monde, je suis pas sur que les mots choisis n'aient une influence encore pire sur la forme d'art!) sont plutôt comiques, et regorgent d'humour et de malice, d'autres encore sont très répétitifs dans le texte, mais déploient des trésors musicaux qui ont influencé (et influencent encore) la musique moderne, et d'autres, mes préférés je dois dire, se déploient presque en temps réel, se concentrent très fort sur l'être humain et ses émotions... Bref, il y en a pour tous, et aucun opéra (aaaaaaaaaaaaaaaaah!!!!!) ne fait l'unanimité. Personne ne vous oblige à aimer l'opéra (AAAAAAAAAAAAAAAAAAH!!!!!), même si tout le monde aime ça autour de vous et vice-versa...

Bon! Trêve de dithyrambe... L'opéra (heureusement que ce texte achève!), ne devrait pas vous effrayer. Empruntez un disque à un ami. Faites une recherche sur Youtube (il en pleut!!), commencez par le commencement: trouvez-vous un "Best of"! Ou si vous connaissez un chanteur ou une chanteuse d'opéra (de l'opé quoi??!!??!) que vous aimez, ben attrapez un disque d'elle ou lui. Les airs d'opéras(!) (un air est un extrait chanté "solo", comme à peu près 95% des comédies musicales) font partie intégrante d'oeuvres plus longues... C'est comme écouter un monologue tiré d'une pièce de théâtre. Et parfois, il fait bon connaître le contexte dans lequel se trouve cet air. Et pour prendre mon exemple préféré, je termine en vous disant qu'un de mes opéras (au pluriel!!! C'est encore pire!!!) préféré est "Starmania"... Et oui, la comédie musciale transformée en opéra (Dupuis, tu vas te faire péter la yeule!). Accompagnée d'un orchestre, et aussi, jouée comme un pièce de théâtre, avec les liens entre les airs connus. Et le commentaire que j'aimais le plus entendre après de la part du public était "je trouve ça extraordinaire de voir pourquoi tel ou tel personnage chante la chanson que j'entend à la radio"... Exact! "Le blues du businessman" est une entrevue télé!! Et "S.O.S. d'un terrien en détresse" se chante préférablement avec une fille morte dans les bras... C'est une des très belles raisons d'aimer l'opéra (arrêtez je vous en prie! je ferai tout ce que vous voulez!!): se laisser émouvoir par l'émotion qui a inspiré des paroles, une musique, et éventuellement, des artistes, qui, a leur tour, vous inspire...
Des questions?

À part ça pas grand chose...;)

samedi 15 janvier 2011

Merci Ondine!

Depuis hier, je lis un livre que m’a offert mon amie Ondine à Noël. Ça s’intitule «La musique des anges» et c’est écrit par Catherine Bensaid.

Je ne sais pas trop encore comment décrire ce qui m’est arrivé pendant que je lisais, mais je vais essayer. Le premier chapitre parle du silence. C’est, en fait, un livre de psychothérapie. Mais, c’est aussi, exactement le discours, les idées, les conclusions que j’aie depuis quelques années!! Je ne sais pas si ça vous est déjà arrivé de lire ou d’entendre un truc où chaque mot, chaque parole, semblent tout droit sorti de votre tête, de votre esprit. C’est ce qui m’arrive avec ce livre!

Le silence. Quel sujet magnifique, important, curieux. Elle parle de ce qui peut arriver dans le silence. Elle parle de la peur que les gens ont, de se retrouver seuls avec eux-même, dans le silence. C’est «dangereux» le silence: on risque bien trop d’entendre notre coeur nous parler, notre âme se confier, nous dire ce qu’ils désire, ce qui les fait rire, ce qui les fait souffrir... Dur dur le silence: c’est plus facile de vivre en ville, d’allumer la télé, la radio, d’assourdir nos voix intérieures. Après tout, si on se met tous à s’écouter, à découvrir qui nous sommes vraiment, on risque bien trop d’avoir mal, de souffrir, de se mettre à pleurer.... Et puis après? L’émotion, faut que ça sorte. Point. On a tous des exemples de gens qui ont des façons particulières de sortir le trop plein d’émotion. C’est malaisant, dérangeant... Pourquoi juste ne pas pleurer un bon coup quand on est triste? Ou rire de bon coeur quand on est heureux? Ça va sortir plus tard sinon, et n’importe comment!

Enfin, bref, le silence, l'apprivoiser, c’est ben important! Mais ce qui me fascine dans tout ce que je lis, c’est cette vague sensation d’avoir déjà dit tout ça, à plein de gens! D’avoir pensé chacune de ces lignes avant même de les lire! Et je ne suis qu’au début du livre! Une psychiatre et psychothérapeute de 60 ans (elle en avait 55 à la sortie du livre) qui pense comme moi, ben ça! Ça veut probablement dire que je vais pouvoir découvrir plein de choses sur moi et sur les autres dans les prochains chapitres... Oooh, faut pas avoir peur de pas aimer ce qu’on va découvrir par contre. Tiens tiens, le prochain chapitre parle de la peur justement.... Pas folle la madame! Après tout, je passe tellement de temps à dire aux gens que j’aime qu’ils doivent arrêter de s’empêcher de vivre par peur de manquer leur coup ou de se sentir jugé ou de souffrir... Tiens je vais même vous citer une phrase pleine de sagesse: "La peur, c'est souvent cela: se punir d'un bonheur que l'on ne croit pas mériter." Et l'utilisation de l'infinitif est pour le dernier verbe, est si juste!

Donc, merci Ondine!

À part ça pas grand chose...;)

dimanche 9 janvier 2011

Je me souviens...tu?

Je ne me souviens plus...

Des fois j’ai honte... Des fois, je revois des noms, des visages et je ne me souviens plus... C’est horrible! C’est pas juste la peur d’offenser les autres, c’est horrible de savoir que des informations si savamment placées, triées, rangées dans ma petite tête ont réussies à s’échapper...

C’est sur qu’il y a des priorités quand même! On rencontre beaucoup de gens sur cette planète, et beaucoup d’entre eux, pas très longtemps. Mais quand t’oublies le nom et le visage d’une ancienne conquête... ouch! Ou même, je cherche des rôles, des opéras, des oeuvres que j’ai déjà faits. Ensuite, j’essaie de me souvenir des chefs d’orchestre, des metteurs en scène, des autres chanteurs... C’est tout parti!! N’a pu!! Ciao bye! On travaille des semaines de temps ensemble!! Ouate de phoque!

C’est pas pour offenser personne, c’est comme ça. Je vais me souvenir jusqu’à la fin des temps de mon numéro de téléphone d’enfance (514-585-3494, mais à l’époque, on mettais pas le 514, pis maintenant c’est rendu le 450...), mais pas de celui de ma première vraie blonde.

Je me dis tout ça alors même que pour la énième fois, je fais rentrer dans ma caboche un rôle nouveau, une partition que j’ai ouverte tout récemment. Et on dirait que mon cerveau résiste: il veut peut-être m’empêcher d’oublier quelque chose d’important! Peut-être que chaque mot, chaque note, que j’inscris dans ma mémoire, repousse des souvenirs cruciaux, des images, des sons que je croyais immortels dans ma mémoire... Peut-être pas non plus... Peut-être que je procrastine pis que je me fais des peurs par paresse... Oui oui ça doit être ça!

Bon ben, maintenant que je suis calmé, je vais aller écrire un petit mot doux à ma blonde avant d’aller faire dodo...c’est quoi son nom déjà? ;)

À part ça pas grand chose...;)

mardi 22 juin 2010

Time Capsule

Quand j'avais 15 ans, j'étudiais dans un programme qu'on appelait le bain linguistique. Un programme qui consistait à perfectionner notre anglais plus rapidement. Une partie du cours s'appelait "Time Capsule" et il fallait écrire sur le futur. Raconter nos espoirs et nos croyances sur ce qui allait arriver dans 10 ou même 15 ans. Notre prof nous offrait ensuite de sceller une enveloppe, et de ne pas l'ouvrir avant les 10 ou les 15 prochaines années...

J'ai retrouvé cette enveloppe, et je choisi de l'écrire ici, pour rire... de moi!
(Les corrections de mon prof seront écrites entre parenthèses).

"Predictions

Drugs: Cigarettes and drugs will loose (lose) their empire against law. The government will disapprove (prohibit) the use of cigarettes. Robotized police will play a big roll (elle a oublié de corriger celui-là: role) in that case.

Travels: Teleports, wich transport you to another place in the world in the recort time of 2 seconds, will eliminate driving in a drunk condition, car's crash (car crashes) and the famous "5pm traffic".

Police: We'll use robots at the place of (instead of) policemen. Advantages: we can't kill it, it doesn't need (a) salary and they have almost no weakness. The disadvantage: If there's an error in their programs, we'll have big troubles. -Celle-là m'a beaucoup fait rire-

School: Classes will be determinated (determined/taught) by computers that'll be evaluating our physical, mental and social abilities. School, will be easier and funniest (?? elle a pas compris: more fun). Teachers will still be humans because they (have) to teach us their subject and also our life (lives, mais je pense que je voulais dire: about our life).

Music: Instruments will have (undergo) great changes. Electric guitars, basses, pianos and drums will be replaced by other instruments that'll folow (manqué celui-là aussi: follow) the taste (tastes) of new generations. -On dirait presque une pub-

Personal

1. On a project in one of our class (classes), I will find the solution to a great problem of our civilization. Maybe the way of leading us to a new conception of the universe (universal) mechanism. -Rien de moins!!-

2. I will never stop to sing and play music, so these will become my life and it will be easy to communicate that passion to my children and wife. -J'y crois encore à celui-là ;)-

3. I'll marry a wonderful woman that I had (have) known for years. We'll have children and a prospere (prosperous) life, a big house in a city and also a long and good life. -Ça l'air que je vais avoir 2 bonnes vies!-

4. I will have my little company that will work 24 hours a day. I will lost (lose) a lot of money in that company, but I'll reorganize my life and feel the (pas de the) perfect happiness. - On dirait un scénario de film... poche!-

5. I'll die at the record age of 200 years! And because of a teleport accident! Health techology that I will create will make people die at that time (allo people to live that long.... Belle correction!! La première version était plutôt fatale, mettons...). It will be sell (sold) at the low price of 20 thousand dollars. Created in the years 2005, but sell (sold) only in 2010. - Ouin, je serai pas un peu beaucoup en retard moi là?-"


Voilà, c'est tout! Je me suis envoyé un gros devoir d'anglais dans le futur, et je me trouvais tellement niaiseux d'avoir gardé ça pendant 15 ans, que je l'ai mis ici, pour que quelqu'un d'autre le lise et se dise: "Est-ce que je viens vraiment de perdre mon temps à lire ça moi là?".... Maigre consolation...

À part ça pas grand chose...;)

mardi 20 avril 2010

C'est une bonne situation ça, musicien?

Vous savez, je ne pense pas qu'il y ait de bonne ou de mauvaise situation... Outre cette paraphrase plus ou moins célèbre du scribe de Astérix: Mission Cléopâtre, il reste que le musicien d'orchestre moderne est dans une situation bien précise.

Je choisis de parler de ça aujourd'hui parce qu'il m'est arrivé une expérience inattendue, et que ça m'a procuré un tel bonheur que j'aie bien l'intention de le partager. Je voudrais tout de même préciser que je vais parler ici, de l'instrumentiste d'orchestre qui accompagne un ou des solistes, plus particulièrement lors des productions lyriques.

Pour ceux qui l'ignore, les orchestres d'aujourd'hui bénéficient de certaines conditions dictées par des unions ou par des "syndicats" si on veut. Mal nécessaire, vu la grande quantité d'abus potentiel que peuvent causer les répétitions et même les représentations de spectacles, particulièrement au niveau des horaires. Il est donc dit que l'orchestre a droit à X min de pause par heure de répétition et qu'il ne doit pas répéter plus de Y heures dans une journée, ce qui est plus que justifié.

Par contre, il y a aussi des règles concernant les répétitions finales et les spectacles qui, malheureusement, empêchent le bon déroulement de certaines productions. Par exemple, dès que l'orchestre dépasse 3 heures lors d'une représentation, il tombe en temps supplémentaire, ce qui représente des milliers de dollars pour une cie parce que pour 3 min de trop, la cie se voit chargée 15 min de temps supplémentaire pour chaque musicien, et ainsi de suite, en augmentant par tranche de 15 min à chaque fois. Alors, si on ramène cette règle à l'opéra, et que l'on sait que la plupart des opéras présentés aujourd'hui ont pour plus de 3 heures de musique, on se retrouve avec un problème d'argent. Ça dure depuis des années en plus! Donc, très très rares sont les occasions où l'on a pu voir une production lyrique sans coupures ou modifications visant à terminer la représentation dans le 3hres sus-mentionné!

Les effets sont parfois désastreux: manque de temps lors des répétitions (où l'on doit arrêter et reprendre des extraits musicaux) ce qui fait que l'on ne peut répéter toute l'oeuvre d'un coup, et, encore pire, bien souvent des coupures horribles qui, même si elles peuvent faire du sens dramatiquement, n'en font pas musicalement (et vice-versa)... Il est plus difficile de l'expliquer que de l'expérimenter, mais, par exemple, le "Faust" de Gounod, dans sa version originale de près de 5 heures, avec, évidemment, une bonne distribution et une belle mise en scène, peut sembler moins long qu'une version "écourtée" de 3 heures avec cette même bonne distribution et une mise en scène aussi juste. Tout simplement parce que la suite logique de la musique est respectée et que l'on ressent, en tant qu'auditeur, cet ordre demandé par le compositeur et le librettiste. Ce n'est pas vrai cependant pour toutes les oeuvres du répertoire lyrique. Or, pour faire des coupures, il s'agit aussi de choix personnels, de la cie, des chanteurs, du chef d'orchestre et du metteur en scène. Je digresse, mais il y a matière à débat, à chaque fois, et c'est un casse-tête interminable pour toutes cies d'opéra!

Alors, je reviens sur mon idée première: les conventions "bureaucratiques" d'un orchestre. Je n'ai rien contre, mais je peux dire que j'ai développé, avec les années, une certaine aversion contre les musiciens qui prennent ces lois à la lettre... Remarquez, j'ai cette même aversion contre N'IMPORTE QUI qui prend toutes les lois à la lettre!! Exemple: ces policiers qui donnent des contraventions aux piétons qui traversent la rue n'importe où alors qu'il n'y a AUCUN traffic sous-prétexte que c'est la loi (je ne parle pas par expérience personnelle, mais ça pourrait très bien m'arriver!!) Donc, c'est souvent avec déception que j'ai vu des orchestres se lever et quitter alors qu'il restait encore une pièce à répéter ou les 12 dernières minutes d'un spectacle. C'est compréhensible, certes, mais décevant tout de même. Évidemment que les responsabilités d'aujourd'hui nous bousculent, mais si on est musicien, il faut bien aimer son métier non? Accepter de faire quelques concessions pour lui... Pas toutes, mais certaines... Le geste qui m'offense le plus ceci dit, c'est que l'orchestre, lorsque la représentation se termine, un fois qu'il a salué (et remercié le public, qui, rappelons-le, est quand même par sa seul présence la raison pour laquelle le métier de musicien existe encore), se barre!! Il s'en va l'orchestre, alors que les gens applaudissent toujours. Cependant, ce ne sont JAMAIS tous les musiciens qui partent, certains restent encore fidèle à l'amour tout simple qu'ils ont pour la musique. Même si ce texte est un long jugement, il n'est pas une condamnation, et il n'est pas non plus écrit de façon à viser un orchestre en particulier: c'est tout simplement l'état dans lequel sont les choses aujourd'hui...

Il y a une semaine de cela, je répétais "Bohème" à Monte Carlo. 2e répétition avec orchestre, on arrête souvent et on reprend, ce qui est normal, surtout avec la mise en scène. Heureusement, "Bohème" est un opéra qui dure 2 heures environ (plus une pause de 25 min), donc qu'il est tout à fait possible de passer l'oeuvre complète en une seule répétition, même avec les arrêts. 18h30, l'orchestre a terminé et Mimi n'est pas encore morte: il reste environ 7 min de musique. Le chef dépose sa baguette et dit bonsoir à tous puisqu'il est l'heure et que ça fonctionne comme ça. Mais quelqu'un (de l'orchestre) dit pourquoi s'arrêter, puisque nous sommes presque à la fin? Alors le chef demande à tous s'ils veulent terminer la répétition et d'un seul coup, on voit tous les archets, les pistons et les coulisses se mettre en branle, le chef reprend son baton, et on termine l'oeuvre. Petit moment anodin pour plusieurs, il m'a profondément marqué, pas parce qu'il était nécessaire (on aurait pu reprendre 2 jours plus tard sans problèmes!!), mais parce qu'il était spontané et évident. Pourquoi s'arrêter alors qu'on a pas terminé et que nous sommes si prêts de la fin?? Ce ne sont pas tous les orchestres qui auraient fait ça. J'ignore les conditions Monégasques pour un orchestre symphonique, mais merci à tous ceux qui ont pris le temps de bien vouloir profiter de ces moments de bonheur que peuvent nous procurer la musique, en particulier lorsque chacun fait partie d'un tout!

Ces réflexions en offenseront sans doute plusieurs, qui pourraient argumenter, avec raison, sur la société, sur le coût de la vie et sur le salaire véritable du musicien qui est, trop souvent, ridicule! Mais, justement, si l'on n'arrive pas à être complètement heureux, faute d'argent, peut-on l'être, en étant tout simplement dans le moment, dans la raison qui nous pousse à apprendre et travailler un instrument, une voix, un art, toute notre vie? Je me demande même pourquoi, chaque oeuvre et chaque production, aussi variées soit-elles (opéra, concert, comédies musicales, pièces de théâtre, danse, ballet classique et contemporain, etc...) sont-elles toutes couvertes par plus ou moins les mêmes règles? Pourquoi même, en tant que chanteur lyrique, je relève d'une branche floue de l'UdA, qui n'ont aucune idée comment gérer une carrière qui se doit presque obligatoirement d'être internationale? La politique dans la musique. Un mal nécessaire. Mais à quel prix?

Je pense qu'il est plus que temps, que chaque branche, voir chaque cie et même, qui sait, chaque production, prenne enfin un caractère personnalisé selon les besoin précis de cette production/branche/cie. Afin de rendre plus accessible à chacun ces petits gestes gratuits, mais qui au bout du compte nous rapporte beaucoup plus que toutes les conventions réunies.

À part ça pas grand chose...;)

mardi 9 février 2010

I never miss!

C'est une phrase d'un film de James Bond. Pierce Brosnan se retrouve devant Sophie Marceau prêt à lui faire la peau et elle lui dit: "You can't kill me, you would miss me too much". Il la tue et il dit: "I never miss". Woah! Il est fort en jeu de mot pareil le gars...

Ça fait des années que je me promène un peu partout sur la planète, ou dans ma tête, ou les deux. Des années que je rencontre des gens, des âmes, des amis. Des années que j'entends dire ou que je m'entend dire des "à la prochaine" et des "à bientôt j'espère". Le "à bientôt" j'utilise beaucoup parce que j'y crois. Parce que.

Mais je ne m'ennuie jamais, I never miss. Jamais auparavant j'ai pu dire que quelqu'un me manquait. Pas de manque, pas d'attache. Comme James. C'est plus facile pour voyager, pour se perdre pendant quelques jours, semaines avant de refaire surface. Et puis les potes, les vrais, ils comprennent. Ils restent et, j'imagine, s'arrangent pour "nevermisser" aussi à leur façon. Chacun son quotidien, les âmes restent les mêmes. On s'aime quand même.

Mais pas tout le temps. Pas maintenant. Maintenant, je suis en amour. Ça m'est déjà arrivé, je reconnais les symptômes. Mais la maladie évolue différemment cette fois, le virus a muté. Moins de fantasmes sur l'amour, plus de réalité. Plus de tangibilité je dirais. Et surtout, la réciprocité! Ça c'est quelque chose! C'est beau ça! Mais plus de près que de loin... De loin ça écorche un peu. De loin ça grafigne dans les coins, ça dit des "t'es où?" tout le temps! De loin, ça sent rien, ça vit un autre quotidien. Ça se partage pas aussi bien de loin. C'est différent, un apprentissage, une leçon, un décalage. Faut refaire vibrer le diapason à distance. C'est pas difficile, c'est même un peu beau, c'est juste un peu inconfortable. Et puis ça nous fait dire des choses qu'on a jamais dites, jamais pensées même. "Tu me manques". I miss you. Et on le pense vraiment.

Je suis en amour. Pour vrai.

À part ça, pas grand chose...;)